Introduction à la vallée du Colca
Vêtements traditionnels féminins
Horaires des bus Où manger et dormir ?
Paysages.
Avec ses 450 km de long, le río Colca est le plus long fleuve de la
côte Pacifique de l'Amérique du Sud. Né à prés
de 5000 m d'altitude, il paresse tout d'abord sur l'Altiplano avant d'entailler
les roches volcaniques sur 100 km, lui permettant ainsi de rejoindre la plaine
côtière.
La vallée du río Colca se subdivise en trois zones distinctes.
Les rares villages situés en amont de Chivay vivent surtout de l'élevage
de lamas et d'alpagas. La partie centrale, entre Chivay et Maca, concentre
l'essentiel de la population. Ici, les pentes ont toutes été
façonnées de majestueuses terrasses agricoles afin d'amener
l'eau et d'éviter l'érosion ; sur les 12 000 hectares d'andenes
construits, la moitié a été abandonné au fil des
siècles, et le reste produit encore aujourd'hui pommes de terre, maïs
ou oignons. Enfin, en aval, la large vallée s'approfondit pour devenir
une gorge abyssale. Ce sont les 20 premiers kilomètres de cette troisième
zone qui reçoivent le plus de touristes, là où la route
longe les impressionnantes falaises.
Bien que nombreux sont ceux qui affirment que le canyon de Colca soit le plus
profond du Monde, des géographes ont démontrés que celui
de Cotahuasi tenait vraiment la première place (147 m de plus que Colca
!). Cependant, avec une profondeur de 3207 m, le canyon de Colca dépasse
largement celui du Colorado (1343 m).
Le total des précipitations annuelles varie de 300 mm, dans le fond
du canyon, à 900 mm, dans la cordillère de Chila.
Flore.
Zones irriguées cultivées du canyon (les "oasis").
Les fruits abondent dans ces parties basses : mangues, papayes, chirimoyas,
lúcumas, pêches, pommes, poires, figues, avocats,... Les noyers
poussent un peu plus haut, à Tapay, par exemple (3000 m).
Versants sauvages secs (au-dessous de 3200 m).
Pichan. Avec ses 3 m de haut, il est l'arbuste sauvage le plus haut du canyon.
Ses multiples branches en taillis sont grises, et son écorce présente
des verrues. Ses feuilles en forme de cœur, rassemblées au bout
des branches, d'une longueur de 15 à 20 cm, commencent à apparaître
à partir de novembre. En mars et avril, le pichan donne un fruit vert
; son goût rapelle un peu ceux de la banane et de la papaye. Les feuilles
de cet arbuste tombent en mai ; en infusion, elles soignent le foie, et en
emplâtres, les douleurs de tête.
Jatupa. C'est un arbuste d'environ 2 m de haut, trés présent
dans le canyon. Ses branches sont proches du pichan, mais d'un gris plus clair
et sans verrue. Le lait contenu dans ses tiges est trés toxique : il
brûle la peau au point de former des cloques. Ses feuilles vert sombre,
situées au bout des branches, sont allongées (8 cm de long,
visibles de novembre à mai).
Cactus. Ils sont omniprésents dans le canyon.
Le sicsira est ramifié comme un arbre. Selon les espèces, ses
épines atteignent 5 ou 10 cm.
Le chuna a une forme classique de colonne ; de décembre à mars,
il donne de grandes fleurs blanches, et d'avril à juin, des sancayos,
des fruits comestibles énergétiques un peu amer (comme une drogue
sans ses inconvénients !), utilisés pour soigner le foie, et
fabriquer le célèbre pisco sour. Même la chair du tronc,
gorgée d'eau, peut se manger !
La tuna ressemble à une raquette de ping-pong. Ses fleurs jaunes sont
visibles en novembre et décembre. Bien connu, le fruit de la tuna est
savoureux ; ne manquez pas de le consommer entre février et avril.
Pour éviter que les minuscules aiguilles dorées entrent dans
la peau des doigts, décortiquer le fruit en l'enveloppant de feuilles.
Agave (magüey). Longues feuilles coriaces en rosette, bordées
d'épines. Parfois, présence d'une trés longue inflorescence
qui peut atteindre 5 m de haut.
Flor de alma ("fleur de l'âme"). Fleurs groupées, en
forme de cloches roses allongées. Une plante qui s'accroche sur d'autres
végétaux, comme du lierre.
Histoire.
Vers 10 000 av. J.-C., le canyon de Colca commence à se peupler. Ces
premiers habitants sont expulsés par deux ethnies bien distinctes :
les Collaguas et les Cabanas. Tandis que les premiers s'installent entre la
partie haute de la vallée et Maca, les seconds s'établissent
autour de Cabanaconde. Ces paysans vivaient dans de petits hameaux disséminés
; à partir du VIIème siècle, ils développèrent
l'agriculture et l'élevage de belle manière, grâce notamment
aux terrasses (andenes). Ce travail colossal a permis l'établissement
d'une population nombreuse pour une région aussi sèche : 60
000 habitants au XVème siècle. Le nom "Colca" se traduit
d'ailleurs par "grenier".
Aux XI et XIIèmes siècles, l'Empire huari règne sur le
Colca. Vers l'an 1500, les Incas prennent possession du canyon. Ils installent
à Coporaque leur capitale locale, mais ne réussissent pas à
imposer leur administration aux Cabanas.
Huit ans aprés leur arrivée au Pérou, en 1540, les Espagnols
dominent la vallée. Les Franciscains détruisent alors les idôles
religieuses "païennes" des Indiens. En 1567, le vice-roi Toledo
oblige les indigènes à se regrouper en 14 reducciones (villages)
: les traditionnelles communautés familiales (ayllus) sont détruites.
Les objectifs des Espagnols sont alors de : mieux contrôler les Indiens,
les convertir plus facilement au catholicisme, les faire payer des impôts,
et recruter plus facilement du personnel pour le travail des mines. Les épidemies
amenées par les colonisateurs abaissent la population à 9 000
habitants en 1690. A partir de cette époque, de somptueuses églises
commencent à être construites, contrastant avec la simplicité
des maisons villageoises ; édifiées à la fois par les
indigènes et les Espagnols, leur style est qualifié de baroque
métissé. Les mines de la région, or et argent, contribuent
à la richesse des intérieurs. Les plus belles églises
sont celles de Lari, Maca, Coporaque et Yanque.
Entre 1769 et 1781, les Indiens se rebellent contre les abus des Espagnols.
La route arrive à Chivay en 1940, mais seulement en 1970 à Cabanaconde.
Il faut attendre 1985 pour que le Colca commence à être mis au
programme de quelques tours-opérators internationaux. Aujourd'hui,
plus de 60 000 visiteurs annuels viennent voir le canyon ; grâce à
l'amélioration des infrastructures routières et hôtelières,
ce chiffre croît rapidement chaque année.
La région du Colca compte aujourd'hui 33 000 habitants.
Légendes.
Les anciens Collaguas se disaient fils du volcan Collaguata et assuraient
provenir de ses entrailles ; tous y sortirent en tenue, armés et coiffés,
puis ils descendirent par les flancs de la montagne, conquérant la
région. Afin de plaire au sommet sacré (apu), la tête
des enfants était déformée à la naissance en forme
de pointe afin qu'elle imite la forme du volcan.
Leurs voisins Cabanas affirmaient tenir pour origine les profondeurs du volcan
Hualca Hualca. Eux-aussi déformèrent le crâne de leurs
enfants, mais, cette fois, ils adoptèrent une forme aplatie similaire
à leur montagne natale.
Voulant annexer la vallée du Colca, il se disait que l'empereur inca
Mayta Cápac dut se marrier avec la princesse collagua Mama Tancaray,
fille du chef du village de Coporaque, et lui construire un palais de cuivre.
Vêtements
traditionnels féminins
Les vêtements traditionnels portés dans le canyon sont parmi
les plus beaux de toutes les Andes. Les artisans du Colca se sont inspirés
des tenues de l'époque coloniale portées par les Espagnoles.
Les femmes dépensent des sommes considérables pour être
belles : jusqu'à 500 S pour la tenue de tous les jours, et parfois
plus de 1500 S pour les vêtements de fête, semblables, mais plus
finement exécutés.
Trois à quatre jupes brodées (polleras) sont superposées.
Pour le haut du corps, trois épaisseurs de vêtements composent
la tenue : un sous-vêtement brodé, puis un gilet fermé
par deux crochets, et enfin un gilet ouvert. Des chapeaux distincts permettent,
en principe car les choix féminins restent personnels, de distinguer
l'appartenance à l'une des deux ethnies. Le sombrero collagua, blanc,
présente un dessus plat et une dentelle qui en fait le tour ; sur le
côté, une ou deux cocardes (rozones) précisent la situation
de la femme : mariée si le chapeau a un seul rozón, célibataire
s'il en a deux. Le couvre-chef en paille coûte plus cher que celui fait
de toile (40 S au lieu de 20). Le sombrero cabana, arrondi dans sa partie
centrale, est finement brodé de couleurs vives ; ses motifs représentent
des colibris, des poissons ou des chats, et les losanges du sommet, les huit
provinces du département d'Arequipa. Ce superbe chapeau est vendu 60
S.
Horaires des bus
La meilleure compagnie est Reyna, suivie par Andalucía. Eviter les
autres !
Entre Arequipa et Cabanaconde, on voyage dans le même bus, avec un arrêt
plus ou moins prolongé à Chivay. Avant de descendre sur Chivay,
on franchit un col à 4800 m, d'où la vue est superbe sur les
volcans. C'est l'une des plus hautes routes du Monde !
Arequipa - Chivay : 3 h 15 de trajet, 12 S
- Reyna : 2 h, 7 h, 11 h 45
- Andalucía : 2 h, 11 h 45, 13 h 45, 15 h 30
Chivay - Cabanaconde : 2 h de trajet, 3 S
- Reyna : 5 h 30, 10 h 30, 15 h 30
- Andalucía : 5 h 30, 15 h 30, 17 h 30, 19 h 30
Cabanaconde - Chivay
- Reyna : 8 h, 10 h 30, 14 h 00
- Andalucía : 7 h, 9 h, 21 h
Chivay - Arequipa
- Reyna : 12 h 30, 15 h, 16 h 30
- Andalucía : 9 h 30, 12 h 30, 23 h 30
Droit d'entrée : la visite du canyon de Colca est désormais payante. Les bus touristiques (pas les bus locaux) s'arrêtent juste aprés Pinchollo au "centre d'informations" du Colca. Le prix est de 6 $. De toute façon, les guardaparques d'AUTOCOLCA (Colca autoridad) se chargent de vérifier les billets et de faire payer les voyageurs indépendants ; ils se trouvent aux Miradors de la Cruz del Condor et de Tapay. Ces points de vues font partie d'une zone protégée appelée "Santuario del Condor".
Chivay
Chivay, 3 700 habitants, est le centre commercial de la vallée du Colca.
L'animation y est bien plus importante que dans les autres villages du canyon.
Un fulgurant développement des infrastructures hôtelières
est en cours : 30 hôtels et hospedajes à ce jour ! Le marché
artisanal est intéressant par la diversité de ses produits.
Où dormir ?
Hospedaje La Casita, rue Zarumilla 108 (en face du marché). Tél.
48 91 75. 5 S/pers. en dortoir, ou 20 S la belle chambre double avec sdb.
Accueil sympatique et serviable.
Où manger ?
Sur la Place, El Yaraví, fréquenté à la fois par
les touristes et les Péruviens. 5 S le menu du jour, et 8 S le repas
touristique.
Secours en montagne (Unidad de salvamiento de alta montaña Colca)
Situé au RDC de l'Hostal Municipal, Plaza de Armas (tél. 48
86 23 / 53 10 93).
Cabanaconde
Situé au bord du canyon, ce village de 2 300 habitants est plus charmant
que Chivay. Son nom dérive de "Cabana Kunti", le Kuntisuyu
étant la partie sud-est de l'Empire inca. Les champs de maïs occupent
l'ensemble des terres cultivables aux alentours de la localité. Les
semis ont lieu début septembre, et les récoltes, début
mai. C'est entre janvier et avril que ces champs donnent une touche verte
bien agréable à l'environnement du village. Ne manquez pas de
goûter les petits pains au maïs !
L'église du village fut reconstruite aprés le séisme
de 1784.
Cabanaconde est idéalement situé au point de départ des
treks les plus intéressants du Colca. Il y a seulement 30 ans que la
route a atteint Cabanaconde, et l'arrivée du bus est ici encore un
événement. Les mules sont toujours omniprésentes dans
les rues... Cependant, le tourisme commence à modifier l'aspect du
village, avec deux nouveaux imposants hôtels, La Posada del Conde, et
surtout le superbe Kuntur Wasi, qui domine la place du village depuis 2003.
Où manger et dormir ?
La Casa de Pablo (hôtel) et La Valle del Fuego (hôtel et resto),
tenus respectivement par Pablo fils et Pablo père, sont les RDV habituels
des voyageurs indépendants. 5 à 10 S le lit ; 7 S le repas.
Tél. 28 03 67. On peut réserver depuis Arequipa, rue Jerusalén
400-A ; tél. 20 37 37.
Restaurants populaires sur la Place.
Kuntur Wasi. 70 S la chambre double, petit-dej. inclus ; 13 à 20 S
le menu.